Cultures – Les remparts de Perpignan

Le premier texte mentionnant Perpignan date de 927. C’est à cette époque un simple village. Cependant, signe de son rapide développement, les comtes du Roussillon y établissent leur résidence à la fin du Xe s.

Denier. Gausfred III (1115-1164)

Lorsqu’en 1172 le roi d’Aragon Alphonse II acquiert le titre de comte du Roussillon, Perpignan accepte volontiers la suzeraineté aragonaise.
           

Alphonse II roi d’Aragon

La ville se dote d’une vaste enceinte, succession de courtines flanquées de tours rondes, qui englobe le puig Sant Jaume et le puig del Rey sur lequel Jacques II de Majorque fit construire son palais.
En 1368 sous Pierre IV d’Aragon on construit la première porte Notre-Dame flanquée de ses deux tours de briques qui deviendra plus tard le Castillet.
À partir de la fin du XVe siècle, Perpiñán devient l’enjeu des luttes franco-espagnoles. La ville s’entoure d’un complexe de fortifications sans cesse amélioré. Les boulevards se multiplient, apparaissent les premiers bastions et les premières demi-lunes qui effacent peu à peu les murailles et les tours majorquines.
 
Perpignan est fortifié autant contre l’ennemi venu de l’extérieur que pour réprimer les fréquents soulèvements de la ville catalane contre l’État.

 

Rempart de Charles Quint avec la tourelle décorée d’un dextrochère, épée nue symbolisant la puissance impériale.

Après le traité des Pyrénées en 1659, les travaux les plus marquants sont réalisés sous Louis XIV par Vauban qui crée la Ville Neuve.

          

Louis XIV et Vauban

Des travaux considérables seront réalisés encore sous Napoléon III, quelques années à peine avant le démantèlement de la place forte.

Napoléon III

  
Né en 1841 à Portel-les-Corbières, dans l’Aude, Edmond Bartissol après s’être enrichit au Portugal, rachète en 1885 les anciens bâtiments appartenant aux hospices situés à proximité de la Cathédrale de Perpignan. Après les avoir démoli, il en construit de nouveaux, plus modernes. C’est ce que de nos jours on appelle encore « La Cité Bartissol »
Bartissol s’intéresse ensuite à la destruction des remparts de Perpignan, qu’il obtient lors de leur déclassement officiel.
En 1904 débute la rapide et spectaculaire destruction des remparts.

Entre le viaduc de la porte de Canet et celui de la porte Saint Martin, les démolisseurs ouvrent de larges brèches simultanément en plusieurs points. Le bastion du Castillet, pourtant classé monument historique n’est pas épargné. Les destructions continuent à partir de 1930 par les remparts sud.
Jusqu’à la fin du XXe siècle les quelques lambeaux de fortifications encore debout sont régulièrement abaissés par des aménagements urbains réalisés dans une méconnaissance étonnante de la valeur historique de ce patrimoine.
 

L’anéantissement en à peine deux ans des témoignages de plus de six siècles d’histoire s’est fait pratiquement sans oppositions.