Les personnages de l’histoire – Élisabeth Eidenbenz

En 1939, la retirada avait poussé sur les routes les républicains espagnols fuyant la dictature de Franco.

Ils furent parqués dans des camps de rétention, dont les plus importants des Pyrénées-Orientales étaient sur la plage d’Argelès, celle de Saint-Cyprien, le camp Joffre et à Prats de Mollo. De nombreuses femmes internées se voient contraintes d’accoucher dans des conditions indescriptibles qui conduisent à un haut niveau de mortalité tant des mères que des enfants.

Élisabeth Eidenbenz, jeune institutrice de 24 ans, s’emploie alors à trouver à Zurich les fonds nécessaires pour installer une maternité de fortune au château d’En Bardou, à Elne.

Sous l’égide du Secours suisse aux enfants victimes de la guerre, avec l’aide de fonds privés venant d’organisations humanitaires suisses, elle dirige cette « Maternité suisse d’Elne » de septembre 1939 à avril 1944.

Alors que la guerre faisait rage en France et que l’occupant allemand dictait sa loi aux habitants, elle fit venir un nombre de plus en plus important de femmes à la maternité, offrant ainsi un peu de réconfort. Elle y accueillit des réfugiées espagnoles sur le point d’accoucher, puis des mères juives, tsiganes et d’autres origines, toutes fuyant les persécutions.

597 enfants de 22 nationalités différentes sont nés dans le calme de cette maternité. Cet établissement sera un véritable havre de paix pour les internés, d’autant plus qu’ils étaient souvent mis en contact avec des résistants.

Parallèlement à ces naissances et à l’accueil d’enfants venus « se refaire une santé », ou dans l’obligation de se cacher pour échapper aux rafles visant les juifs, Élisabeth Eidenbenz apporte son aide aux camps des environs, tout particulièrement ceux d’Argelès-sur-Mer, de Saint-Cyprien et de Rivesaltes. Elle les approvisionnait en nourriture et aménageait des baraquements.

Élisabeth Eidenbenz recevra en 2002 la médaille des Justes parmi les nations pour son action exemplaire,

mais également décorée des médailles :
de chevalier de la Légion d’honneur de la République française,
de la Croix catalane de Sant Jordi,
de l’ordre civil espagnol,
de la Solidarité sociale.

Élisabeth Eidenbenz est née à Wila (Suisse) le 12 juin 1913 et morte le 23 mai 2011 à Zurich. Elle est enterrée dans un  petit cimetière autour d’une chapelle romane, sur les hauteurs de Zurich,
La maternité, objet d’un rachat par la mairie d’Elne est devenue un lieu de souvenir.

 

Un musée a été ouvert en 2011.