Les personnages de l’histoire – Joseph de La Trinxeria

Joseph de La Trinxeria naquit à Prats-de-Mollo en 1637.

En 1666, les préposés de la gabelle en Roussillon, ayant trouvé dans sa maison une certaine quantité de sel, lui firent un procès. Bien que le taux de l’amende ne fût que de vingt-cinq livres, Joseph de La Trinxeria en offrit trente-trois. On en exigea soixante-six !

Joseph de la Trinxeria

 

Indigné de ce qu’il regardait comme une exaction, Joseph de La Trinxeria prit les armes ; plusieurs camarades s’étant joints à lui, leur troupe attaqua les préposés, dont un grand nombre furent tués.

Pendant deux ans, Joseph de La Trinxeria parcourut presque en maître le Vallespir, de Prats-de-Mollo à Saint-Laurent-de-Cerdans. Cette résistance prolongée entoura son nom d’un prestige qui s’accrut encore quand le duc d’Ossona envahit le Roussillon, en 1667.

 

Alors les Miquelets de La Trinxeria, (partisans catalans levés par le chef d’une bande de mercenaires) joints à ceux d’un autre chef de partisans devinrent de redoutables adversaires dont le vice-roi se servit avantageusement contre les Français. Attaques de convoi, embuscades, incursions poussées jusque sous les murs de Perpignan.

Le président Sagarra entreprit de les exterminer. Il partit dans ce but de Perpignan, le 14 septembre 1668, à la tête de trois cents hommes pour rétablir la gabelle dans les villes et villages de la montagne.

Le lendemain,  dès qu’ils furent arrivés un peu au-delà des lièges de Camps, Joseph de La Trinxeria sortit brusquement d’une embuscade avec ses hommes appelés Angelets, et repoussa à coups de mousquet le président et sa troupe vers Arles.

 

Les préposés, revenus à Prats-de-Mollo et casernés au fort de Perilloux, arrêtèrent un particulier du village de Baillestavy connu sous le nom de l’hereu Just, « Joan Miquel Mestre de Vallestàvia ».

Joan Miquel Mestre de Vallestàvia

Cet acte de rigueur réveilla l’esprit de révolte. Les paysans soulevés résolurent de délivrer le prisonnier et, conduits par Joseph de La Trinxeria, entrèrent en force dans Prats-de-Mollo.

Averti par des espions qu’un détachement de cavalerie était cantonné à Céret, il entraîna ses hommes, y arriva à l’improviste et fit la troupe prisonnière.

En 1670, le comte de Chamilly fut chargé de l’entreprise et la conduisit avec autant de résolution que de vigueur.

Noël Bouton de Chamilly

Joseph de La Trinxeria attaqua, avec un capitaine de Miquelets, nommé Salgas, un convoi que le gouverneur de Villefranche conduisait lui-même pour ravitailler le fort des Bains (Amélie-les-Bains).

Il défia l’escorte et s’empara d’une quantité considérable de munitions et de vivres. On le retrouve l’année suivante à Gérone. Peu après, bloqué dans le fort de Bellegarde qu’assiégeait Frédéric-Armand de Schomberg, il  força le passage à travers les rangs de l’année française et réussit à s’enfuir.

Fort de Bellegarde et Frédéric-Armand de Schomberg

En 1689, La Trinxeria fut promu colonel dans l’armée d’Espagne et mourut en 1694.