Dis-moi Frigoulette, raconte les Grands Prix de Perpignan !

Peu de Perpignanais le savent, seuls quelques-uns s’en souviennent !

L’année d’après-guerre les courses automobiles dans la cité fleurissent un peu partout en France. Comme Nice, Marseille ou Nantes, s’ajoutant aux déjà institutionnelles Angoulême, Pau et Monaco, Perpignan accueillera sa course automobile.

De 1946 à 1949 couvrant une période de mai à juin, l’automobile club du Roussillon organise au cœur même de la ville, quatre grands prix.

Le départ du circuit des platanes d’une longueur de 2 538 m se situe sur le boulevard Wilson au niveau de la Trésorerie générale et après l’épingle du cinéma Castillet les voitures de dirigent vers le cours Palmarole, le cours Lassus puis reviennent par le boulevard Jean Bourrat.

Un parcours sinueux, une longue descente, une chaussée longée ou traversée par les rails du tramway… C’est donc le 30 juin 1946 par une chaleur éprouvante qu’à lieu le premier grand prix en 58 tours. Bottes de paille, barrières, platanes assurent la sécurité des pilotes et des spectateurs qui assistent à un beau duel entre Jean-Pierre Wimille (Alfa Roméo 308) et Raymond Sommer, surnommé le Sanglier des Ardennes (Maserati 4CL).

Jean-Pierre Wimille et son Alfa Roméo 308

 

Raymond Sommer et sa Maserati 4CL

Ce dernier casse son moteur au 39e tours et Wimille devient donc le premier vainqueur à la moyenne de 91,673 km/h. Ça fonce !

Le circuit, critiqué en 1946 est sécurisé par un nouveau revêtement ce qui permet à Raymond Sommer de pulvériser le record aux essais en 96.354 km/h de moyenne.

Mais des ennuis de boite de vitesse l’obligent à abandonner et à laisser la première place à Eugène Chaboud vainqueur au 24 h du mans 1938 qui s’impose sur sa Talbot.

Eugène Chaboud Talbot-Lago T26 MC

C’est avec une tramontane soufflant en tempête que se déroule le Grand Prix de 1948 couru sous la forme de deux éliminatoires (27 tours) et une finale (40 tours). Et c’est Maurice Trintignant (oncle de l’acteur Jean-Louis) qui s’impose sur sa Simca Gordini, battant au passage le record du tour avec 98.366 km/h

Maurice Trintignan et sa Simca Gordini

La placette située au croisement du cours Lassus et de la rue des Pervenches porte désormais son nom.

Le 9 mai 1949 tout le gratin du sport automobile, Maurice Trintigant, Luigi Villoresi dit « Gigi », Prince Bira, Toulo de Graffenried, Raymond Sommer, se retrouve au départ à l’exception de J.P. Wimille disparu en course trois mois plus tôt.

  

Luigi Villoresi, Prince Bira et Toulo de Graffenried

Deux pilotes argentins sur Maserati 4 CLT, Juan Manuel Fangio récent vainqueur à Pau et San Remo, et Bénedicto Campos, font office de leader de course. Au terme des deux manches de 100 tours, c’est Fangio qui est vainqueur. Le record du tour est porté à 103 km/h !  Ça décoiffe !

Juan Manuel Fangio

Bénedicto Campos

Et malgré une réussite unanimement reconnue, ce sera la dernière édition de Grands prix de Perpignan balayés par un cout croissant d’organisation.

  

Et si on remettait ça ?