Cultures – Les poupées Bella

En 1946 à Perpignan, un couple catalan, Lucie et Salvi Pi, fonde la société Bella située dans un petit hangar à côté de la villa de Lucie.

Bella est en fait l’héritage des poupées Capi, une entreprise créée par Joseph, le père de Salvi.

 

Joseph Pi –  poupées Capi

A la fin de l’année 1946, l’entreprise a déjà produit 300 poupées Bella et ne compte pas s’arrêter là.

  

En 1951, le succès grandissant, Salvi Pi inaugure l’usine « Poupées Bella » de 1 000 m2 à Perpignan.

Usine Bella en 1951

La société Bella donnera un emploi à un millier de personnes jusqu’en 1981, qui produiront jusqu’à 10 000 poupées par jour

Groupe de l’atelier de peinture

Les créateurs des poupées Bella ne cessèrent d’innover : En 1965, ils inventent le bébé mouilleur celui qui boit son biberon et fait pipi.

Rémy, le poupon qui rit quand on le jette en l’air et pleure si on le laisse tomber par terre (drôle de situation pour un poupon…) et Suzie, la poupée marcheuse électrique.

Rémy et Suzy

L’entreprise innova également sur la manière d’ajouter des cheveux. En effet, autrefois simplement collés, Bella fût le premier fabricant de poupées à implanter les cheveux.

Toutes ces innovations feront de Bella le leader européen de la poupée.

En 1969, les fondateurs de la S.A Bella décident de prendre leur retraite et vendent leur entreprise à une société allemande, la Bolhen Wasag Industrie (Les poupées Schildkröt).

Les poupées Schildkröt

Les années 70 s’annoncent plus sombres lorsque Mattel arrive avec sa poupée Barbie.

Soucieux de ne pas laisser Barbie prendre le dessus, la société mobilisa les stars pour faire connaitre leurs poupées, telle que Delphine Desyeux, Dalida, et plus étonnant encore le chanteur Pierre Perret.

Delphine Desyeux et Dalida

D

Pierre Perret

En 1972, Jean Sala rencontre les dirigeants allemands qui songent fortement à une probable fermeture. Il parvient à les convaincre de continuer l’aventure, et devient le directeur de l’entreprise Bella. Grâce à lui, Bella gagne quelques belles années et poursuit son œuvre.

 

Jean Sala

Mais fin 1980, les salariés font grève. (Juste avant Noël !) Ils ne pouvaient pas choisir pire moment pour faire leurs revendications. Les 200 000 poupées commandées pour les fêtes de fin d’année ne seront jamais livrées, et ce manque à gagner sera fatal à la société. En Décembre 1981, alors que les salariés font une nouvelle grève, le directeur Jean Sala, dépose le bilan.

En Juin 1982, le fabricant de jouets français, Berchet, reprend la société Bella.

 

Poupée Corolle de chez Berchet

L’entreprise aurait pu remonter la pente, elle avait survécu à la concurrence asiatique, et au choc pétrolier de 1973. « Même au plus fort de la crise sociale, les carnets de commande étaient pleins » dira son directeur, mais Berchet ne trouve pas la société assez rentable et décide de la fermer définitivement en 1984.

La prestigieuse fabrique de poupées, fleuron de l’industrie perpignanaise, ne produisit plus aucune poupée française et laissa tristement la place à sa concurrente, Barbie. (Dommage…)

Merci Frigoulette…