Châteaux et demeures – Le château de Caladroy

Au 9e siècle le territoire du Roussillon est frontalier avec celui des sarrasins restés de l’autre côté des Pyrénées. Charlemagne créer alors une zone militaire, divise les nouveaux territoires en comtés et un premier château apparaît pour défendre ce territoire.

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Le seigneur en question est un certain Adroario qui obtient de Charles le Chauve, le droit d’édifier cette place-forte sur le site appelé à l’époque « Petra Ficta », la pierre figée, en référence au menhir datant du mégalithique et qui s’y trouve toujours. Certes couché et brisé, mais le menhir marque également son époque.

  

Charles le Chauve – Menhir 

Le site s’appelle désormais « Castel-Adroario » (Château Adroario), puis par contraction « Caladroer » et par évolution sémantique « Caladroy ».

Au 12e siècle le château est agrandit, puis un village se forme naturellement à ses pieds.

Arrive ensuite l’épisode des cathares. Cette branche de la religion chrétienne se répand dans le Sud de la France et est brisée par l’Eglise catholique lors de la bataille de Muret qui voit la défaite des seigneurs pro-cathares, le comte de Foix, celui de Provence et pour ce qui nous importe le comte Raimond-Bérenger III de Barcelone.

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Bataille de Muret – Raimond-Bérenger III de Barcelone

Suite à cette défaite une frontière fixe est instaurée entre la France et la Catalogne, frontière établie au traité de Corbeil en 1258 et qui passait un peu au Sud de Caladroy.

Caladroy est donc naturellement intégré au système de défense de la France, avec Quéribus, Latour de France, Bélesta, Montalba entre-autre.

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Quéribus – Latour de France – Bélésta

Resté dans le giron de la France, le château est pris en 1496 par les espagnols avant d’être rendu aux français peu de temps après.

Caladroy n’est alors plus considéré comme une forteresse et aucune armée ne fait les transformations nécessaires pour adapter le site militaire aux contraintes nouvelles de la balistique, ce qui permit de le conserver partiellement dans le même état que celui qu’il avait au Moyen-âge.

 

Le château connu un dernier fait d’arme en 1793 lors de la guerre franco-espagnole. Mais son faible intérêt stratégique fait que les espagnols l’abandonnent vite pour se concentrer sur la plaine et le Conflent.

  

A partir de la fin du 18e siècle le hameau de Caladroy se dépeuple, le site étant trop isolé. Il reste de nos jours quelques maisons de ce hameau.

 

A noté également que durant la deuxième guerre mondiale, il sera le lieu où le maquis « Henri Barbusse » a eu les premiers engagements contre l’occupant allemand.

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Le domaine est aujourd’hui une propriété viticole où il y a un très beau rempart crénelé, au bout duquel se dresse deux tours : Une carrée, massive, et une ronde, plus petite.

   

Dans la cour du château on trouve une chapelle romane dont le mobilier est particulièrement soigné. L’autel est en marbre blanc et les murs intérieurs sont partiellement couverts de boiserie. La chapelle initiale, du 12e siècle, est toujours visible. Elle se trouve sous les fondations du château et sert de nos jours de caveau de dégustation.

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Voilà l’histoire d’un beau château qui a magnifiquement traversé les âges et qui aujourd’hui est évocateur de bons vins !

Merci Frigoulette…. a bientôt !